Exploitation familiale créée en 1989, gérée par Francesca et son mari qui travaille aussi à l’extérieur (salaire fixe à la cantine). Labellisée dès l’origine en agriculture biologique, par choix éthique du père médecin qui a quitté la ville. Ils produisent sur 8ha dont 1ha de bois non entretenu (mais habitat naturel, réserve biologique). 3ha de vigne (cépages trebiano blanc, cagnina rouge doux). Des kakis, du blé, des pois (rotation sur une parcelle), des légumes. Elle valorise ses productions en cuisinant sur place. Elle propose un petit point de vente local (son vin et ses kakis). Elle a de grosses difficultés de commercialisation car elle est certifiée bio par des contrôles d’un organisme certificateur mais ses produits transformés (kakis) ne sont pas certifiés (trop faibles volumes). Elle vend à un supermarché 80 centimes le kilo de kakis, vendu en suite 4€ le kilo. Ses charges (entretien de la structure, coûts de production, certifications) lui coûtent 25 à 30000€ par an. Les produits agricoles rapportent 3000€ par an.
En 1999, elle lance une activité de ferme pédagogique, soutenue par les collectivités, mais aussi contrôlée et encadrée. Elle est accréditée en tant que ferme pédagogique.
Elle propose :
- De la restauration (pour permettre l’accueil de groupes, pour des événements particuliers…)
- Une activité de gîte mais qui ne fonctionne pas : la règlementation impose l’hébergement pour disposer d’une cuisine, mais cette partie demande trop de temps.
- Centre aéré l’été pour des enfants (3 à 12 ans) qui viennent en direct ou par la municipalité.
Dans la règlementation agritouristique italienne, afin de préserver l’activité agricole (et éviter les dérives de « fausses fermes » de tourisme en milieu rural) il existe un calcul qui ouvre des droits à l’hébergement en fonction des hectares convertis en jours de travail (1 hectare de vigne= 20 jours de travail agricole = 1 nuit possible) (7 ha de blé = 21 jours = 1 nuit possible).
A titre de comparaison, c’est le chiffre d’affaires qui sert de référence (la partie tourisme ne doit pas dépasser 50% du Chiffre). Selon Francesca, l’agritourisme se définit par des formes variées : agriculture avant tout, qui s’associe à l’activité didactique et culturelle, ou sportive, ou hôtellerie-restauration. C’est souvent la restauration qui est l’activité la plus commune à côté de la production agricole. Il existe un logo national (mais elle ne l’arbore pas). Voir la documentation régionale officielle.
Concernant l’aspect didactique :
Francesca accueille les enfants dès leur 3 ans. Une semaine ( de 7h30 à 15h30 chaque jour) coûte 110 € par enfant aux parents, les plus pauvres pouvant bénéficier d’aides de la commune.
Elle reçoit parfois aussi des groupes pour des occasions ponctuelles, tels que des anniversaires.
La clientèle est très locale et Francesca ne désire pas communiquer davantage (elle n’est volontairement pas rattachée à un réseau quelconque qui lui aurait donné plus de visibilité) , elle ne veut pas se retrouver débordée et risquer de sacrifier une partie de ses activités. L’essentiel de sa communication est donc réalisé par l’éternel et efficace bouche à oreille.
A la dimension agro-environnementale de la ferme, s’ajoute donc une dimension sociale et éducative très intéressante et sûrement assez singulière. Francesca accueille les enfants du centre de loisirs de la commune dans le but de leur faire acquérir des savoirs, des savoir-faire et surtout des savoir-être.
On retrouvera les traditionnelles activités liées à l’agriculture (semer, récolter, nourrir les bêtes, faire, du main ou de la confiture…) mais l’idée majeure est d’offrir aux enfants la possibilité de jouer et s’épanouir dans un milieu dont ils n’ont plus forcément l’habitude.
Son hectare de forêt est un support parfait à tout un tas d’activités et de jeux permettant de (re)sensibiliser les enfants à la nature (motricité, découverte de la flore et faune sauvage, orientation, énigme, création d’objet, d’espace, d’oeuvre-d’art à partir de bois, de végétaux,…).
Un peu dans la lignée de ce qui ce fait dans les pays scandinaves « l’école dans les bois ».
voir par exemple: https://ecotree.fr/blog/l-ecole-dans-les-bois-le-modele-danois
A travers des activités diverses, Francesca cherche à favoriser l’entraide entre les grands et les petits, à générer le « souci de l’autre » et la solidarité. Ces enfants arrivent de la ville ou de l’école où malheureusement ils sont confrontés, selon elle, à la violence, au racisme et aux nombreuses règles.
A contre courant, la ferme se veut un lieu serein, de partage, de vivre ensemble et de liberté.
En somme, au-delà des enjeux liés à une alimentation saine et locale et à la préservation d’un paysage, l’enjeu de sociabilisation parait très important à leurs yeux.


