L’ENVIRONNEMENT

Visite du parc naturel national de Kotyhi Strofylia

 

Le parc national s’étend sur plus de 8000 hectares au nord-ouest du Péloponnèse, combinant zones humides, zones inondées, cordons littoraux de dunes, forêts et collines calcaires, soit une très grande diversité d’habitats aux abords d’une zone très prisée par le tourisme. Beaucoup d’espèces sont endémiques comme les chacals, les loutres, les fouines, de nombreux serpents, des flamands roses… Il y a donc beaucoup d’écosystèmes dans de petites aires avec une grande importance des lieux de migrations. Les tortues marines caouannes (Caretta caretta) présentes dans les eaux locales, pondent sur les plages sableuses.

 

C’est un lieu privilégié pour les oiseaux migrateurs, en route vers l’Afrique du Nord, avec 283 espèces (60% d’espèces grecques) dont de nombreuses espèces rares menacées d’extinction. Ce site, qui reste l’une des dernières zones humides du Péloponnèse – les autres ont été drainées-, est d’intérêt européen et international selon les critères de l’UICN.

 

Une superposition de protections diverses : 

 

En 1974, la zone est reconnue par la convention RAMSAR comme zone humide d’importance internationale, l’Etat Grec souhaite alors engager sa protection par une loi.

En 1998, le site intègre le réseau Natura 2000 avec deux ZPS (directive oiseaux) et 3 SPS (directive habitat) de l’environnement.

À partir de 2002, il devient également Abri de vie sauvage (bois et lac).

En 2009, il devient officiellement Parc National sous le nom de  « bois national des zones humides de Kotyhi-Strofylia ».

Un programme « life » est mis en place pour la protection des plages et des dunes.

 

Le Parc est composé de plusieurs espaces :

 

  • « les montagnes noires » et les dunes : 

 

Le site présente des collines de calcaires qui culminent à 240 m avec des habitats variés ; on retrouve la présence du chacal et de plusieurs reptiles. C’est également un lieu de nidification privilégié pour des oiseaux de proie : hibou grand-duc ; faucon pèlerin ; faucon crécerelle. Une plante rare endémique : la centaurée de Nieder, au milieu de bois clairsemés : chênes, maquis et broussailles.

Des dunes de sable marin sont à proximité, de 10 m de hauteur à 20 ou 500 m de large. Ce sont des espaces menacés alors qu’ils constituent un filtre naturel pour l’eau salée et empêchent l’érosion de la zone côtière et ses forêts. De nombreuses plantes rares sont présentes comme le lys de sable.

Des espèces nichent, pondent leurs œufs ou y cherchent de la nourriture, dont des tortues marines.

 

  • le bois de Strofylia :

 

Il constitue le plus grand bois de pins parasol (Pinus pinea) de Grèce, en plus des pins parasol on trouve aussi le pin d’Alep (Pinus alepensis) et le chêne ballote ou chêne vert à glands doux (Quercus ilex subsp. ballota. Des prairies humides, marais salants et étangs saisonniers sont au cœur de la zone. De nombreux habitats sont présents justifiant le classement en zone Natura 2000.

La forêt de pin parasol est particulièrement protégée car le pin d’Alep la menace. En effet, le pin parasol ne se multiplie qu’en périphérie de la forêt déjà existante alors que le pin d’Alep envahit le sous-bois. Interrogés sur ce point, notre guide nous a signalé que les services forestiers avaient planté des pins parasol mais que cette plantation n’était plus entretenue alors qu’il faudrait l’éclaircir pour assurer le succès de la plantation.

 

 

  • les zones humides de Kotyhi : 

 

Elles constituent le plus grand réseau de zones humides du Péloponnèse avec plus de 1500 hectares. C’est une zone privilégiée pour la migration (printemps et automne), l’hivernage et la reproduction des oiseaux aquatiques, dans le couloir migratoire de la Grèce occidentale. On parle également d’une « pisciculture naturelle » : les poissons viennent frayer dans les lagunes, les pêcheurs locaux sollicitent des autorités le droit de les capturer lorsque les poissons adultes franchissent les graus en revenant vers la mer.

 

 

 

Echange avec les employées du Parc National : 

 

Le parc fait partie des 10 parcs nationaux de Grèce, reconnu par la Convention Ramsar, site Natura 2000 et depuis 2009, refuge Wildlife et Parc national.

Il se compose de 2 zones, une zone B avec une protection moins importante qui s’apparente à la zone périphérique ou aire d’adhésion en France, et une Zone A à la protection plus importante, il n’y a pas de réserve intégrale.

Le Parc est supervisé par le Ministère de l’environnement grec, les gestionnaires sont payés par l’État, l’argent venant de l’État et de l’Union Européenne. Un directeur et une équipe de 11 membres (représentants du gouvernement, des collectivités locales, de l’université, des parties prenantes comme les pêcheurs) sont présents sur les lieux avec des réunions une fois par mois pour les décisions importantes. Les liens sont forts avec l’université, le département des forêts, des groupes locaux de protection – associations. 5 personnes travaillent au bureau (1 écologue, 1 biologiste- notre guide, 1 économiste, 2 aménageurs), 5 rangers sont sur le terrain pour la surveillance notamment. Des spécialistes des forêts, des biologistes viennent régulièrement sur les lieux.

 

Des conflits d’usage existent sur le braconnage (historiquement c’était une zone de chasse de la famille royale de Grèce* qui y possédait un pavillon de chasse localisé à côté des locaux actuels du parc), l’abattage des arbres par la population qui est autorisé pour un usage personnel (ex. chauffage) mais la vente est interdite. Les populations locales ont le sentiment d’avoir un droit d’usage et donc des compromis doivent donc être trouvés, comme avec les pêcheurs. Un fléau reste important : celui des déchets très importants dans les villes et villages à proximité, mais également dans les 2 zones du parc.

Peu à peu la communication et la sensibilisation s’améliorent avec la population et les chasseurs, les gestionnaires organisant de nombreuses rencontres et médiations. Beaucoup d’écoles sont invitées pour une découverte ou des projets.

D’autres compromis ont été réalisés : des vaches, moutons sont autorisés à paître dans le parc sans y séjourner, mais pas les chèvres, pourtant nous y avons vu des chèvres et aussi des bergeries, cela reste toléré malgré les problèmes de gestion de la biodiversité.

 

Le lieu est prisé par les touristes et les hôtels qui y sont installés le promeuvent, il faut faire prendre conscience de l’intérêt d’un tel lieu, que ce soit pour sa biodiversité ou ses qualités paysagères à maintenir. 2 municipalités sont concernées, elles n’ont pas de station d’épuration, les déchets et boues sont transportés et traités ailleurs.

Plus de 130 000 touristes entrent dans la région par l’aéroport de la ville de Patras, il n’y a pas de comptage pour la fréquentation du parc. Toutefois 10 000 programmes et 5000 dépliants sont distribués pour faire connaitre la zone.

L’avenir du Parc et des employés dépendra des financements qui seront accordés par le gouvernement dans un contexte de crise, à l’heure actuelle les employés attendent des précisions sur leurs contrats de travail qui s’achèvent en janvier.

 

*le dernier roi s’appelle Constantin : il a régné au début des années 1960. La monarchie a été ensuite abolie par le régime des Colonels en 1973. Il vit en exil le plus souvent en France

 

Liens utiles : 

http://strofylianationalpark.gr

 

http://www.amb-grece.fr/actuhelleniquesenfrance/environnement/parcs_nationaux.htm

 

https://lepetitjournal.com/athenes/a-voir-a-faire/strofylia-lexuberance-de-sa-foret-60366

 

http://www.interreg-balkanmed.eu/approved-project/22/